05/10/2008

La pensée du dimanche

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25/02/2008

Le Chanoine Sarkozy et les bigots

Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique St-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de « félicitations » à quatre diacres catholiques traditionalistes...

Ce message a été lu à la fin de la cérémonie d'ordination de quatre diacres –  par l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur.

Mgr Laguérie a précisé que le président français a « confié le soin à son chef de cabinet » de souligner combien il avait été « sensible » à la nouvelle de ces ordinations et de transmettre « personnellement tous ses voeux et ses félicitations aux futurs diacres ».

Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par le pape Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l'Eglise catholique.

La France est un des bastions des Lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite « tridentine » et refusent les enseignements du concile Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue inter-religieux.

Avant de réintégrer l'Eglise catholique avec l'institut du Bon Pasteur, l'abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.

Nicolas Sarkozy s'était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d'honneur de St-Jean de Latran, la cathédrale du pape.

Le discours qu'il avait prononcé à cette occasion a provoqué une vive polémique en France. M. Sarkozy y a exalté les « racines chrétiennes de la France » et évoqué « les souffrances » provoquées chez les catholiques par la mise en oeuvre de l'instauration de la laïcité avec la loi de 1905.

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24/02/2008

 

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"On tue un homme : on est un assassin. On en tue des millions : on est un conquérant. On les tue tous : on est un Dieu."
(Jean Rostand )

23/02/2008

Anne Morelli réveille le Mrax

 

Anne Morelli, administratrice du Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (Mrax), que l'on a connu plus combattante et plus militante, se réveille enfin, et  reproche au président du Mouvement, Radouane Boulhal "sa défense systématique de la religion musulmane".

Extrait de sa lettre adressée au Mrax :

Je vous avoue, que je me sens de plus en plus détachée de ce Mouvement auquel j'ai tant donné, car je ne me sens plus concernée par ses prises de position communautaristes, sa défense systématique de la religion musulmane et ses exagérations continuelles sur une soi-disant "islamophobie" menaçante. (...) Le Mrax apparaît à l'extérieur comme un groupement d'autodéfense utilisé par des musulmans avec quelques hommes liges extérieurs ».

Selon Radouane Boulhal, il s'agit là d'une attaque non fondée de la part d'une minorité laïcarde....

Une assemblée générale extraordinaire est convoquée ce samedi au Mrax, sur fond de tensions philosophiques.

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23/07/2007

Turquie : la laïcité a perdu...

En Turquie c’est la laïcité qui a perdu

 

Erdogan n'abandonnera donc pas la politique. Mardi dernier, cinq jours avant les élections, le Premier ministre turc avait lancé qu'il démissionnerait si son parti n'arrivait pas au pouvoir seul. Le message semble avoir été très bien entendu par ses troupes qui lui ont renouvelé hier un soutien sans faille et même en progression de 14 points. Son parti, l'AKP (parti de la justice et du développement) dépasse toutes les prévisions, avec 47,3 % des suffrages exprimés. Avec 343 sièges sur les 550 que compte la grande assemblée, l'AKP s'assure la majorité absolue pour la deuxième fois consécutive. Une victoire d'autant plus remarquable qu'elle s'appuie sur une participation massive. Près de 80 % des 42 millions d'électeurs turcs se sont déplacés et cela malgré la période estivale habituellement peu propice à une forte mobilisation.

Mis en difficulté au printemps par l'opposition dite laïque, le Premier ministre turc se voit donc plébiscité par les électeurs et soutenu dans son programme. L'AKP avait basé sa campagne sur la continuation des réformes démocratiques et économiques en vue d'une adhésion à l'Union européenne. Il avait par ailleurs évité d'entrer dans le jeu de ses adversaires sur les questions épineuses de l'Irak, du terrorisme et de la laïcité, plaçant également sur ses listes de nouvelles personnalités issues du centre droit.

 

Il rejette le label « islamiste » que lui collent ses adversaires qui se fondent sur le passé islamiste de ses dirigeants. En vérité, les fondateurs de l’AKP, dont Tayyip Erdogan ou Abdullah Gül, font partie de cette génération de cadres du Refah qui est parvenue à la conclusion que l’islam politique menait à une impasse et que les Turcs, dans leur majorité, n’accepteront pas l’instauration de la charia. Aussi ont-ils opté, du moins dans le discours, pour une laïcité à l’anglo-saxonne, où la liberté religieuse serait garantie par la loi. C’est au nom de ce principe que l’AKP veut lever l’interdiction du port du voile dans les universités et l’administration publique.

 

« La laïcité, lit-on dans le programme électoral de l’AKP, est un modèle de liberté pour les différents styles de vie et une clé pour la paix sociale, modèle dans lequel personne ne peut faire l’objet d’une discrimination à cause de ses croyances et convictions religieuses et où personne n’est autorisé à utiliser comme base de gouvernance ses convictions et ses conceptions religieuses. » Ajoutant que « la raison d’être de l’AKP vise à créer un environnement sociopolitique où tous les citoyens, quels que soient leur religion, leur origine ethnique, leur sexe et leur région, puissent vivre en paix et en - sécurité ».

La presse spécialisée turque qualifie l’AKP plutôt de « parti conservateur de centre droit ». Mais ses adversaires les plus résolus, notamment l’armée, le soupçonnent de disposer d’un « agenda caché », selon lequel une fois qu’il parviendra à élire l’un des siens président de la République, il engagera des réformes constitutionnelles qui déboucheront sur une islamisation du régime turc.

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Le passé islamiste de ses dirigeants, le fait qu’ils affichent publiquement leur foi et qu’ils sont restés intègres aux yeux des couches moyennes et populaires pieuses expliquent peut-être la popularité de l’AKP. Et ce bien que ce parti prône une politique du tout-libéral en matière économique et applique avec zèle les recommandations de l’UE afin de mettre en conformité la législation turque avec les normes européennes, notamment dans le domaine économique, ainsi qu’avec celles du FMI.

 

De son côté, le camp kémaliste, qui nourrissait de grands espoirs, est déconfit. Le CHP (Parti républicain du peuple), parti de l'appareil étatique fondé par Mustafa Kemal, n'est pas parvenu à rassembler au-delà de son électorat traditionnel, avec 20,85 % des voix. Et les manifestations antigouvernementales qui ont germé au printemps dans les grandes villes turques ne semblent pas avoir eu d'effet dans les urnes, signe que les électeurs n'ont pas jugé sérieuses les craintes d'une islamisation du pays et d'une remise en cause de la laïcité par le parti au pouvoir.

La troisième force du prochain Parlement sera l'extrême droite ultranationaliste du MHP, les "Loups gris", qui a mené campagne pour le rétablissement de la peine de mort et l'arrêt des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Avec 14,3% des voix, ils doublent quasiment leur score de 2002 et envoient 70 députés au Parlement. Ils y côtoieront leurs ennemis jurés, les pro-Kurdes du Parti pour une société démocratique (DTP), qu'ils jugent liés aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste).

 

Dans son fief du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, le DTP a presque rivalisé avec l'AKP et a pu faire élire au total 24 députés, qui se présentaient comme "indépendants". Aux élections précédentes, le mouvement kurde n'avait pas réussi à franchir le seuil de 10% des voix permettant d'être représenté au Parlement. Et les quatre représentants élus en 1991, parmi lesquels l'avocate Leyla Zana, avaient terminé leur mandat en prison.
"Pour nous, c'est une revanche", a commenté Ahmet Türk, l'un des chefs du parti, lui-même élu. La forte polarisation des suffrages – les trois premiers partis totalisent 82% des suffrages – a exclu du jeu plusieurs petites formations. Mehmet Agar, président du Parti démocrate (centre droit) crédité de 5,4%, a démissionné dès l'annonce des résultats.

 

Assis sur une majorité parlementaire forte, Recep Tayyip Erdogan n'a toutefois pas atteint le cap des deux tiers (367) des sièges au Parlement qui lui aurait permis de pouvoir réformer la Constitution et surtout de faire élire seul son candidat à la présidence de la République. Le nouveau Parlement devra se prononcer sur cette question dans les prochaines semaines. Dimanche soir, devant le siège de l'AKP, on entonnait­: "Cankaya est à Gül et le restera !" Le palais présidentiel, bastion kémaliste, est la dernière conquête en vue pour les islamo-conservateurs qui souhaitent y envoyer Abdullah Gül.