14/02/2008

Afghanistan : toujours l’intolérance

 Hamid Karzai et les talibans, même combat ?

 

En approuvant la condamnation à mort d'un journaliste accusé de blasphème, le président Hamid Karzai se place du côté des partisans de l'islam rigoriste. Une honte !

 

L'Afghanistan sera jugé sur le traitement qu'il réservera à un seul homme, et cette fois il est impossible de rejeter la faute sur les talibans. La peine capitale prononcée contre le journaliste afghan de 23 ans Sayed Perwiz Kambakhsh, le 22 janvier, par un tribunal de première instance a été approuvée par le président Hamid Karzai en personne, pourtant réputé pour son libéralisme et son hostilité aux combattants islamistes.

 

Le 22 octobre 2007, Kambakhsh a été arrêté pour avoir téléchargé et distribué un article trouvé sur Internet. Ce texte dénonçait le sort que Mahomet réservait aux femmes et accusait le Prophète d'avoir négligé leurs droits. Interpellé, l'étudiant en journalisme et collaborateur du journal local Jahan-e-Naw a été jugé à huis clos, sans l'assistance d'un avocat, et déclaré coupable de blasphème et de "diffusion de commentaires diffamatoires sur l'islam".

 

Le regard que l'on pose sur une civilisation dépend de la façon dont celle-ci respecte le droit de l'individu tout en s'attachant à préserver l'intégrité de la société ou de l'Etat. Si le téléchargement d'un document, aussi critique soit-il envers l'islam, suffit pour envoyer une personne à la potence, il faut juger cette société selon des valeurs universelles dont il n'est pas nécessaire de chercher la confirmation dans le Coran ou dans une Constitution.

Et, s'il faut empêcher les talibans de martyriser le peuple afghan, si Karzai souhaite éviter à son pays de devenir l'Etat islamiste dont rêve le mollah Omar, il doit faire sortir Kamabaksh de sa prison.

 

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