25/03/2008

Fitna : film anti-islam

 

Le député Geert Wilders va sortir Fitna, un film contre le Coran pour souligner les tensions entre l'islam et le modèle néerlandais.

C'est le film dont tous les Néerlandais parlent sans qu'aucun l'ait vu. Existe-t-il au moins ? A en croire la rumeur - invérifiable - sa durée n'excéderait pas quinze minutes, le prophète Mahomet y apparaîtrait sous la forme d'un personnage de dessin animé et tout le court-métrage serait un pamphlet contre le Coran.

A ce jour, deux certitudes seulement. Le titre du film, Fitna et l'identité du producteur, le député Geert Wilders, créateur du Parti de la liberté (PVV) dont l'engagement est clair : mener un djihad libéral contre cette branche fasciste de l'islam qui s'attaque, aujourd'hui, à l'Occident.

Menacé de mort par l'assassin islamiste du cinéaste Theo van Gogh (égorgé le 2 novembre 2004), faisant l'objet d'une étroite protection policière, Wilders s'est autoproclamé champion des gens ordinaires, dégoûtés, à l'en croire, par la passivité des politiciens de La Haye face à l' islamisation des Pays-Bas.

En quatre ans de temps, le discours de Wilders s'est radicalisé. L'ennemi n'est plus seulement le terrorisme fondamentaliste mais l'islam tout court.

Wilders demande l'interdiction du Coran, un  livre fasciste  comparé par lui au Mein Kampf de Hitler.

Il exige également la fin de toute immigration en provenance des pays d'islam, une aide pour encourager le départ de ceux qui sont déjà là - les musulmans représenteraient 5 % de la population du royaume - le retrait de la nationalité néerlandaise aux « criminels » musulmans et leur expulsion.

Autant de mesures nécessaires, selon lui, si l'on veut défendre les conquêtes libérales, des droits de la femme à la reconnaissance de l'homosexualité, en butte à cette  culture attardée qu'est l'islam. Avec son film (qui pourrait être mis en ligne sur Internet dans les prochains jours), Wilders, fidèle à une longue tradition libertaire, entend monter d'un cran dans cette stratégie de la provocation qu'il juge cathartique afin de mettre au jour les tensions latentes.

Car le modèle multiculturel, longtemps à l'honneur aux Pays-Bas, se fissure. Quelles limites poser quand des droits aussi fondamentaux que la liberté d'expression et l'égalité des sexes entrent en collision avec le droit à pratiquer sa foi comme on l'entend ? La question ouvre de nouveaux débats.

Ainsi par exemple, le maire d'Amsterdam, s'est ainsi récemment opposé à son chef du parti, lequel jugeait inacceptable que des assistants sociaux refusent, pour des motifs religieux, de serrer la main de femmes dans l'exercice de leurs fonctions.

Les municipalités s'interrogent afin de savoir si elles doivent ou non autoriser le port du burqini (c'est le style de maillots que portaient nos arrières grand-mères au 19ème siècle), un maillot de bain féminin islamiquement correct dans les piscines publiques.

Plus anecdotique mais aussi choquante pour de nombreux Néerlandais, la décision de la banque Fortis de ne plus offrir aux enfants la traditionnelle tirelire en forme de cochon - un animal impur pour les musulmans. La peur de l'islam produit des effets surprenants...

De ces chocs des cultures au quotidien la formation de Wilders fait son miel. Vice-présidente du PVV, la députée Fleur Agema pointe ainsi les musulmanes qui refusent d'être traitées par des médecins ou lavées par des infirmiers masculins, des musulmans hospitalisés qui exigent une nourriture halal, des soignants à domicile qui doivent se faire accompagner d'un interprète parce que leur patient ne maîtrise que le turc ou l'arabe. Les patients islamiques ont désormais priorité sur les autochtones, qui plus est, aux frais de l'Etat.

Une cinquantaine de demandes de poursuites ont déjà été déposées à l'encontre de Wilders pour provocation à la haine religieuse - sans effet, pour l'heure. Les juristes hésitent. Aucun parti politique n'a osé demander l'interdiction préalable du film - ce serait attenter à la Constitution. Mais les chaînes de télévision, contactées, n'ont pas voulu s'engager à diffuser Fitna sans y rien modifier, comme Wilders le réclamait.

Le gouvernement hollandais a peur, il voit déjà des ambassades prises d'assaut par la rue arabe, une recrudescence du terrorisme, un boycott des produits néerlandais : autant de risques qui glacent les autorités. D'autant que des soldats néerlandais sont actuellement en mission en Afghanistan, un engagement impopulaire qui, en outre, fait d'eux des cibles de choix. Le 5 mars, après avoir convoqué les ambassadeurs des Etats membres de l'Organisation de la conférence islamique, le ministre néerlandais des Affaires étrangères déclarait que « l'opinion de Wilders sur l'islam n'est en aucun cas celle du gouvernement....

Il est fort probable qu'à côté de ce film, l'affaire des caricatures danoises sur Mahomet devienne bientôt anecdotique....

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