23/07/2007

La presse flamande et Leterme

Les editorialistes flamands et leurs réactions

vis-à-vis de Yves Leterme

 

La Gazet van Antwerpen dit ne pas comprendre en quoi Yves Leterme aurait commis un faux pas en tant que formateur. "Si j'étais Leterme, j'aurais répondu comme François Mitterand 'Et alors? '". "Ne peut-on être un bon premier ministre au motif qu'on ne connaîtrait pas la signification exacte de la fête nationale. Est-ce déterminant ? Je n'y vois aucun rapport".

De Standaard ne trouve pas scandaleux que le formateur et ses collègues politiques ignorent ce que rappelle la date du 21 juillet. "C'est plutôt une farce", estime-t-il. "Cette confusion entre la Brabançonne et la Marseillaise, c'est même une blague belge, unique en son genre, somptueuse, une bonne blague (...) Qui d'entre nous connaît plus que la première phrase de la Brabançonne ? On ne peut que penser à l'interpellation du socialiste wallon Jules Destrée: 'Sire, il n'y a pas de Belges' .

Pour De Tijd "Aucun homme sensé ne peut s'opposer à une meilleure connaissance de l'histoire", mais le reportage de la RTBF sur Yves Leterme et le docu-fiction sur l'éclatement de la Belgique par la télévision publique francophone "semblent surtout refléter la crainte des francophones d'une réforme de l'Etat et de ses conséquences financières", "Même si chaque petit Belge était drillé dès son enfance à la Brabançonne, cela n'empêcherait pas que ce pays fédéral resterait composé de deux opinions publiques foncièrement différentes".

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Pour Het Laatste Nieuws, il est tout simplement "inimaginable" qu'Yves Leterme ne fasse pas la différence entre les hymnes français et belge. Le quotidien se demande s'il s'agit d'une confusion due à la question ou s'il a voulu répondre à la "provocation ludique" de la RTBF par une réponse de son crû, sans voir les conséquences de son improvisation. "C'est plutôt cela, je présume", écrit Jan Segers l’éditorialiste, qui qualifie de dangereux le sens de l'humour d'Yves Leterme, parce qu'il suscite la stupéfaction de ses interlocuteurs. Et cela entraîne, dit-il, une nouvelle irritation francophone sur le thème de "Leterme, mauvais Belge".
"Demain débutent les vraies négociations gouvernementales et sur ce sujet-là, la Marseillaise n'aura aucune influence. Au contraire de son image au sud du pays: celle d'un paysan flamand qui se montre sans respect pour le roi et sa patrie et qui est vu GSM à l'oreille même pendant le Te Deum à la cathédrale - ça alors! ".

 

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14/07/2007

Les fachos au Parlement

Des délégués du Facholand au Parlement Belge

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Cordon sanitaire : la version flamande n'existe plus

Destiné à écarter l'extrême droite de la démocratie, le cordon sanitaire vient de s'effilocher un peu plus. À la Chambre, le parti xénophobe et raciste du Vlaams Belang avance deux pions : il a désormais un vice-président et un questeur. Ce n'était jamais arrivé auparavant.

 

Imaginons qu'un professeur fasse entrer sa classe au Parlement, pour l'initier à la citoyenneté. Et que, ce jour-là, le VB Bart Laeremans soit au perchoir. Elle aura l'air sympa, la démocratie. Elle aura même un visage grimaçant comme la haine pour les élèves d'origine étrangère que compte la classe.

 

Imaginons qu'une délégation parlementaire se rende dans un pays qui organise ses premières élections libres (c'était le cas, il y a peu, du Congo). Elle aura bonne mine, la Belgique, si ses députés sont emmenés par un vice-président rompu au racisme le plus écoeurant.

Outre une vice-présidence, surtout honorifique, le parti de Filip Dewinter décroche pour Guy D'Haeseleer un mandat de questeur, au sein de ce collège qui organise tout le fonctionnement de la Chambre. Le VB pourra intervenir dans la politique du personnel, éplucher les budgets.

 

Si la Chambre poursuit sa tradition de location de salles, danger ! L'extrême droite pourrait en profiter pour y plastronner.

 

On aurait pu empêcher cela. Thierry Giet, au nom du PS, a proposé de réduire le nombre de vice-présidences (la procédure fut suivie lors des rentrées précédentes). Tous les francophones ont suivi, unanimes. Tous les Flamands (sauf Groen !) ont rejeté l'offre.

 

Au motif que « le Vlaams Belang est, jusqu'à nouvel ordre, un parti démocratiquement élu ». Au motif aussi que les partis flamands n'entendent pas céder d'un pouce aux revendications francophones.

 

Voilà comment on banalise l'extrême droite qui joue le jeu démocratique pour mieux déjouer la démocratie.

 

20061007-CORDON

 

24/03/2007

Grande enquête belge

Lancement, dès ce samedi, dans Le Soir, d’une grande enquête "Face-à-face Nord-Sud" menée conjointement avec le Standaard. Première étape: un sondage surprenant qui révèle que les francophones, eux aussi, souhaitent davantage d'autonomie.

Les Belges restent très attachés à leur pays. Les Flamands veulent plus d'autonomie. Mais les francophones aussi. La mort de la Belgique n'est pas pour demain.

1. Les citoyens de notre pays ont de multiples facettes. C'est connu. Des identités croisées, complexes. L'étiquette Belge reste dominante, à géométrie variable : 58 % en Wallonie, 44 % en Flandre et 41 % seulement à Bruxelles. La capitale est la charnière du pays, craquelée, diversifiée. Avec, toutefois, 24 % des sondés affirmant qu'ils se sentent Bruxellois. C'est moins que les Flamands, fiers de l'être, à raison de 35 %. La Wallonie est moins « nationaliste » : seuls 10 % mettent prioritairement en avant leur identité nationale. La forte proportion du sentiment européen est à épingler, entre 21 et 31 %.

2.Oui à la Belgique, non au séparatisme. La cérémonie funéraire n'est pas avancée. Question générique : la Belgique doit-elle continuer à exister ou souhaitez-vous qu'elle disparaisse ? Le résultat est tranché : près de 98 % des Bruxellois et des Wallons veulent que notre Etat perdure, idem pour 92,5 % des Flamands. Où sont les séparatistes ? Enfoncés. Seuls 6,2 % des Flamands réclament la fin de l'aventure commune, pour 2 % des francophones. Et dans ce cas de figure, le rattachement à nos voisins ne fait guère recette.

3.La Belgique de papa ? Oui au Sud, non au Nord. Rétablir l'Etat belge unitaire, avec un parlement national et un gouvernement national, autrement dit sans décentralisation ? La nostalgie n'est pas morte, sans être majoritaire. Le souhait de revivre dans la Belgique de papa reste ainsi en tête des intentions affichées en Wallonie et à Bruxelles : 37,8 % et 35,8 %. Bien plus qu'en Flandre où cette proportion n'est que de 15,5 %. Le statu quo obtient une vingtaine de points au Sud du pays. Et ils sont encore 23 % de Bruxelles et 16 % de Wallons à souhaiter un Etat fédéral renforcé. Une majorité de francophones ne souhaite donc pas que l'on touche à la structure de l'Etat. Sauf, le cas échéant, pour revenir en arrière. Les habitants du Nord privilégient, eux, un Etat fédéral avec davantage de compétences pour les Régions et Communautés, à raison de 42,7 % contre 25,2 % de Wallons et 15,9 % de Bruxellois exprimant le même vœu.

4.Un désir partagé d'autonomie. Lorsque l'on pose la question autrement, de façon positive, les résultats deviennent plus surprenants. Texto : « La Flandre, la Wallonie et Bruxelles doivent-elles pouvoir décider de façon autonome au sujet de » Suivent sept compétences, qui sont autant d'enjeux communautaires potentiellement explosifs. Et là, curieusement, les francophones sont autant, voire parfois davantage, demandeurs. Prenons l'emploi, un domaine pour lequel les partis flamands réclament à l'unanimité une autonomie plus grande. Il y a une majorité en Flandre, 50,5 %. Mais les Wallons et les Bruxellois ne sont pas en reste : respectivement 48,6 % et 46,7 %.

 

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15/03/2007

La Belgique n'a pas d'avenir selon les flamands

"La Belgique n'a pas d'avenir" selon Yves Leterme

 

La Flandre, demandeuse de nouvelles compétences, ne doit pas se laisser guider par des déclarations pré-électorales de politiciens francophones, a dit mercredi le ministre-président Yves Leterme en référence à la proposition d'Elio Di Rupo d'encourager l'école bilingue.

Le député flamand Erik Van Rompuy (CD&V) a qualifié l'initiative du président du PS de "contre-offensive" en vue de "rendre suspectes" les revendications flamandes pour plus d'autonomie. L'extrême droite a parlé "d'offensive néo-unitaire". Yves Leterme a répété que le statu quo était "le pire des services que l'on pouvait rendre à la population".

 

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