14/05/2008

L'humeur du jour 14/05

 

On vous a parlé des chausse-trappes que rencontre le décret Courard concernant les mandats de nos politiciens wallons ? Là on se rend compte que nos excellences politiques, se montrent encore une fois sous leur « meilleur jour » en démontrant qu'il n'y a pas que dans le parti du Déprimé de Mons, qu'il y a des parvenus.

Je vous résume la situation : après le scandale de la Carolo en 2005, tout notre petit monde parlementaire wallon s'indigne, Elio lance son appel aux parvenus (faut croire qu'ils étaient aux abonnés absents), Joëlle Milquet plus mordante qu'un flacon de Monsieur (Madame) Propre annonce une « tornade éthique » et le parlement wallon dans un bel élan de moralité se drape du manteau de l'indignation. Du coup, le Parlement Wallon dans un accès d'ardeur euphorique, charge l'ami Courard de rédiger un décret de contrôle des mandats locaux ainsi que des produits dérivés dont sont si friands nos représentants désintéressés : les sièges d'administrateurs d'intercommunales, des sociétés de logement, des asbl diverses, etc....sans oublier les nombreux avantages en nature tels que les voitures de fonction, les gsm, et tutti quanti.....

On se retrouve en 2008 et l'euphorie étant retombée depuis longtemps, les députés se disent que tout compte fait ils se sont laissés emporter par l'atmosphère de l'époque et que bon, cette histoire de contrôle, c'était une fausse bonne idée. Du coup les trois grands (PS, MR, CDH) se réunissent en catimini, afin d'étudier les moyens à disposition pour couler la proposition de décret de Courard et empêcher que celle-ci soit votée avant le 20 juin, date à laquelle la mission de Courard sur ce sujet ô combien délicat, prendra fin.

On pourrait s'interroger sur le pourquoi d'une telle attitude, la réponse est pourtant simple : pour les parlementaires régionaux, comme fédéraux (ils sont, eux aussi, souvent député ou bourgmestre et donc concernés), ce décret débouchera sur l'impossibilité de cumuler les mandats, et donc sur une diminution nette de leur influence politique. D'autre part, parce qu'ils risquent d'importantes pertes financières. Rappelons que le montant total des revenus d'un mandataire local ne peut dépasser une fois et demie l'indemnité d'un parlementaire (soit 6.400 euros brut par mois).

Plus fondamentalement encore, cette mazarinade parlementaire s'explique par le fait que les mandataires devront désormais déclarer non seulement leurs mandats publics et privés mais aussi, et c'est là un élément neuf par rapport à la loi fédérale, le montant de leur rémunération. Ils devront aussi, aïeaîeaille, déclarer leurs avantages en nature. Enfin, et c'est peut-être là, la raison principale de leur courroux, ils seront contrôlés par la future Cour des comptes wallonne et non plus par le Bureau du parlement où l'on réglait, finalement, les choses entre soi.

Sans oublier qu'en cas de dépassement ou de fausse déclaration, des sanctions sont prévues, qui vont du remboursement des montants indûment perçus à l'inéligibilité pour une période de six ans, en passant par la déchéance de tous les mandats.

Cette rébellion parlementaire s'explique principalement par le fait que la proposition de décret de Philippe Courard touche le cœur même de la mécanique politique, non seulement wallonne mais également nationale et communautaire. Car tous ses privilèges dont jouissent sans états d'âme nos politiciens se retrouvent à tous les niveaux de la représentation politique et donc également au Parlement et au Sénat et le décret va faire boule de neige....

Et nos excellences n'apprécient pas du tout d'envisager de se mettre au régime, depuis les voyages du Bureau en Inde, au Vietnam ou au Brésil, jusqu'aux missions parlementaires au Congo ou en Suède. Justifiés ou non. Depuis les présidences de commission, jusqu'à la conférence des présidents. Depuis le titre envié d'administrateur chez Dexia ou chez Voo, jusqu'à celui d'Ethias ou de Tecteo, c'est qu'elles y tiennent à leurs petits avantages !!!

Pour une fois que Courard fait quelque chose de convenable (où alors il sait très bien que ce décret ne verra jamais le jour, à moins d'être amputé de ce qui fait son essence) en rédigeant un projet de contrôle sur ce qui pourrit notre système politique belge par l'intérieur. Il semblerait bien que les députés wallons faisant fi de toute pudeur éthique ne cherchent même plus à cacher leur concupiscence et démontrent encore une fois qu'ils sont la cause principale du rejet citoyen de la chose politique et surtout des politiciens !

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