06/07/2007

Face à Face Di Rupo - De Clercq

Di Rupo confirme sa place de favori face à De Clercq

 

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Prévu à l'origine pour ne tenir qu'une heure, le débat qui opposait, jeudi soir, Elio Di Rupo à Jean-Pierre De Clercq dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle du PS aura finalement duré plus de trois heures.

Mais un des spectateurs du débat, Jean-Claude Van Cauwenberghe, aura sans doute reflété, à sa sortie, ce qu'auront ressenti de nombreux participants à cette soirée qui a rassemblé plus de 500 affiliés à huis-clos dans la "Maison du Peuple" de Chapelle-lez-Herlaimont : "J'espérais un débat d'idées, cela s'est souvent limité à des invectives, je ne suis pas certain que cela fera évoluer le parti", a notamment estimé l'ancien ministre-président de la Région wallonne.

Fief du challenger
Le débat avait visiblement eu une capacité mobilisatrice rarement atteinte, puisque les affiliés du PS qui auraient souhaité y prendre part ont dû se contenter, pour plusieurs dizaines d'entre eux, d'une présence dans la rue, à l'extérieur d'une salle comble et surchauffée. A leur arrivée, tant Elio Di Rupo que Jean-Pierre De Clercq ont répété les arguments qui sont les leurs depuis le début de cette campagne présidentielle interne au PS. Ainsi, Elio Di Rupo, interrogé sur le fait de savoir si la soirée serait plus difficile parce qu'elle se tenait dans le fief de son challenger, a dit qu'il entamait la soirée avec sérénité, et dans le but de faire prévaloir les idées.

Faire revivre la base
De son côté, Jean-Pierre De Clercq a répété sa volonté de faire revivre la base des militants, par les sections, en insistant sur le fait que la vie du parti doit venir de la base et non pas du sommet. Il a également répété, à son entrée dans la salle de la "Maison du Peuple", que le parti n'était as présidé comme il devait l'être, depuis des années : "Je ne suis pas membre du parti d'Elio Di Rupo, je suis membre du parti socialiste", a-t-il notamment dit.

Salle acquise à Di Rupo

Pendant plus de trois heures, dans une salle interdite aux non-membres et aux journalistes jusque dans le café attenant, les deux intervenants ont répondu aux questions du public cde militants. Selon les échos recueillis, ces échanges ont souvent été houleux, la salle paraissant plus souvent acquise à Elio Di Rupo, et interrompant Jean-Pierre De Clerq par des huées. Ainsi, l'ancien député permanent du Hainaut en est venu, lors d'une de ses interventions, à interroger la salle : "Que faut-il dire, ici, pour ne pas être hué ?".

 

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Désillusion
Jean-Claude Van Cauwenberghe, député wallon et souvent présenté comme un ami et un soutien de Jean-Pierre De Clercq, a dit en sortant avant la fin des débats, sa désillusion quant au contenu de cette soirée, doutant qu'elle ait apporté quelque chose à l'image et à la rénovation du PS. Le public est resté massé à l'extérieur de la "Maison du Peuple" jusqu'à la fin de la réunion, l'un et l'autre des candidats étant pris d'assaut à sa sortie.

Hué
Pour Elio Di Rupo, cette soirée a été la preuve d'une volonté de débattre démocratiquement à l'intérieur du parti. Il a estimé que les questions de fond avaient pu être abordées. De son côté, Jean-Pierre De Clercq faisait remarquer que la plupart des soutiens qui s'étaient manifestés en faveur d'Elio Di Rupo étaient les mêmes qui venaient, de soirée en soirée. Il a déploré d'avoir vu ses interventions régulièrement huées : "Si je suis un jour président je ferai en sorte que chacun puisse s'exprimer », a-t-il notamment dit.