18/02/2008

Mons: Maurice Lafosse inculpé

L’enquête sur l’incendie qui avait ravagé la Tour des Mésanges à Mons en 2003 causant 7 morts progresse.

L’ancien bourgmestre montois Maurice Lafosse, vient d’être inculpé d’homicide involontaire par défaut de prévoyance et de précaution.Trois personnes avaient déjà été inculpées dans ce dossier : l’ancien directeur de la Sorélobo, rebaptisée depuis Toit et Moi, qui gérait l’immeuble à l’époque ; le responsable de la régie technique ainsi que l’un des résidents des Mésanges.

L’incendie s’était déclaré dans la nuit du 19 au 20 février 2003 au deuxième étage de la Tour des Mésanges. Il avait fait 7 morts et 23 personnes avaient été intoxiquées.

Comment un tel désastre a-t-il été possible ?

Tout simplement parce que la Sorelobo (Toit et Moi), n’a pas tenu compte des avertissements réguliers des pompiers !

Portes coupe-feu. Il n'y a jamais eu de portes coupe-feu. Les portes avaient une résistance au feu de 4 minutes: elles ont brûlé comme des boîtes d'allumettes.

 

Compartimentage. Aucune cloison ne séparait les escaliers des paliers, ce qui fait que l'incendie a pu se propager rapidement d'un étage à l'autre.

 

Evacuation de la fumée. Aucune sortie prévue pour la fumée n'était prévue, ce qui fait qu'elle a envahi les appartements, surtout au dernier étage, où sont décédées cinq des sept victimes.

 

Système d'alarme. Zdanov, directeur-gérant de la Sorélobo, a reconnu avoir donné l'ordre d'enlever le système d'alarme, qui aurait fait l'objet d'actes de vandalisme. Il a aussi déclaré ne pas avoir les 70.000 F. nécessaires pour le remettre en état. Plusieurs victimes ont péri car elles n'ont constaté l'incendie que lorsqu'il embrasait leur propre étage ou appartement, la fumée ou les flammes leur coupant alors l'accès aux issues de secours. Avant de connaître son identité, le procureur du roi avait déclaré que celui ayant retiré le système d'alarme avait sept morts sur la conscience.

 

Accès arrière. Le camion des pompiers n'a pu accéder à l'arrière du bâtiment car aucun accès n'était prévu. Ils ont donc dû tirer une voie d'eau jusque là. Cela a sérieusement nuit à l'efficacité et à la rapidité de leur intervention.

Plainte a été déposée à l’époque pour homicide involontaire, le directeur Zdanov et les autres administrateurs de la Sorélobo, dont nombre de dirigeants socialistes de la région: Di Rupo et Lafosse (actuel et ancien bourgmestre de Mons), Durieux (président de la fédération PS Mons-Borinage), Donfut (bourgmestre de Frameries), Biefnot (ex-bourgmestre de Colfontaine et ex-président du parlement wallon), etc. Un autre socialiste, Raphaël Pollet, président de la fédération PS du Brabant wallon, à l’époque , avait  obtenu un mandat de trois ans, renouvelable, pour «développer une nouvelle stratégie de gestion» à la société de logement. Il touchait des émoluments annuels de 149.000 euros (6 millions de FB). Et dire que 70.000 francs, c'était trop pour le système d'alarme...