17/02/2008

Les nostalgiques d'Hitler

Le mois dernier, l'Europe se rappelait un dramatique événement de son histoire : l'arrivée il y a 75 ans du parti nazi (NSDAP) au pouvoir en Allemagne. Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier du Reich par le président de la République allemande, le maréchal Paul von Hindenburg. Le führer du NSDAP forme un gouvernement de coalition avec la droite nationale conservatrice pour se hisser au sommet de l'Etat.

La suite des événements est connue. 

Seuls quelques néonazis de par le monde ont fêté, en catimini, cet anniversaire. Il n'est en effet pas bon, en 2008, de s'afficher comme nostalgique du régime hitlérien. Y compris au sein des partis politiques de ladite « droite nationale », comme le Front national (FN) ou le Vlaams Belang (VB), pourtant constitués d’un important « pilier historique » issu en droite ligne du nazisme. Pour rappel, plusieurs fondateurs du FN français ou du VB flamand ont agi durant la Deuxième Guerre mondiale dans les rangs de mouvements collaborateurs pro-nazis.

A la création du FN à Paris et du VB (en 1972 et en 1978), des organisations ouvertement néonazies se trouvaient en très bonne place parmi les cofondateurs.Désormais, l'époque – marquée par l'esprit du politiquement correct - est à une extrême droite polie, BCBG et s'affirmant « démocrate ». De la poudre aux yeux, bien entendu : la façade est une façade de carton. Derrière le décorum mis en place pour berner l'opinion publique, la sympathie pour les modèles dictatoriaux d'antan reste de mise chez pas mal de militants, cadres et dirigeants du Front national (de Féret, de Delacroix et de Le Pen), du Vlaams Belang, ainsi que des groupuscules qui gravitent dans leur orbite : Mouvement national républicain, Bloc identitaire, Parti nationaliste français, Oeuvre française, Alsace d'Abord... en France ; mouvement Nation, Belgique & Chrétienté, Jongeren aktief, NSV, Nieuw-solidaristisch alternatief... en Belgique.

 

Pourtant certains livres tentent de relativiser, réviser, banaliser et réhabiliter cette idéologie criminogène. C'est le cas d'Adolphe Hitler – Sa véritable histoire,  un ouvrage de 479 pages récemment écrit par un responsable bruxellois du Vlaams Belang, Roland Pirard. 

 

Roland Pirard est conseiller à l'aide sociale (une instance communale) de Berchem-Sainte-Agathe (commune de la Région bruxelloise) pour le compte du Vlaams Belang (VB), le parti d'extrême droite indépendantiste flamand. Militant de l'ultradroite francophone dans les années 1980-1990 (il fut le dirigeant du cercle de réflexion « Copernic » et secrétaire général du Front national de Daniel Féret, il rejoint ensuite les activistes francophones du VB. Ces derniers, déçus de l'inertie de l'extrême droite belge francophone et faute d'un mouvement politique sérieux, ont adhéré au parti flamand. 

 

Pour lire le dossier complet : www.resistances.be

Sale droopy

18/01/2008

Niouzz du Facholand

FN

La Commission parlementaire de contrôle des dépenses électorales et de la comptabilité des partis a décidé à l'unanimité d'amputer quatre mois de dotation au Front National pour n'avoir pas rentré conformément au prescrit légal le rapport financier relatif à ses comptes en 2006.

C’est la deuxième fois que le Front National se voit infliger une telle sanction pour non-respect de la loi. Vu la récidive, la Commission a décidé d’exécuter la sanction maximale, à savoir quatre mois de retrait de dotation.

L’AFFN (asbl de financement du FN, fait l’objet d’une instruction pour des détournements de fonds présumés et est sous le coup d’une enquête de l’inspection spéciale des impôts (ISI) qui lui réclame quelque 700.000 euros.

Et pendant ce temps-là c’est encore toujours la rumba au FN entre les partisans de Delacroix et Féret pour la succession à la tête du FN…Vlaams Belang  

BRUNO VALKENIERS est candidat à la succession de Frank Vanhecke. Le Belang infiltre le patronat flamand.

L’homme d'affaires anversois s'apprête à prendre la tête du prétendu « parti des petites gens ». Bruno Valkeniers, 52 ans, nouveau venu en politique, s'est porté candidat à la présidence du Vlaams Belang. A peine un an et demi après son irruption sur la scène politique, aux communales et provinciales d'octobre 2006, Bruno Valkeniers, qui se dit « catholique et social-conservateur », devrait prendre la tête du VB, avec le soutien des leaders « historiques » Filip Dewinter et Gerolf Annemans, que l'on avait un temps pressenti à la présidence.Sa désignation ne serait pas anodine. Sous l'étendard de Forza Flandria, Valkeniers est surtout connu pour être partisan d'une vaste coalition des forces nationalistes, libérales et conservatrices de Flandre… Premier défi : contrer, voire phagocyter, la Lijst Dedecker, forte de ses récents succès électoraux.Marié, père de quatre enfants, titulaire d'une licence en droit de l'Université d'Anvers et d'une licence en droit maritime et aérien de l'ULB, Valkeniers a dirigé, jusqu'en 2006, la première entreprise de manutention du port d'Anvers, HesseNoordNatie. Il est, par ailleurs, administrateur, depuis 2002, du bureau de conseil maritime FA Consult, à Wilrijk.Membre du collectif In de Warande, Valkeniers est signataire du « Manifeste pour une Flandre indépendante ». Un engagement qui lui a permis de côtoyer nombre de leaders séparatistes, dans le domaine des médias, de l'industrie et de la finance (Frans Crols, le directeur du magazine Trends, Marc Platel, l'ex-éditorialiste du Belang van Limburg, les dirigeants ou ex-dirigeants de KBC, Barco, Janssen Pharma, DHL, HBK, Alcatel…).

« Immigrés francophones »

Neveu de l'ex-leader de la Volksunie Jef Valkeniers, le candidat président du VB est très soutenu, au sein du Belang, par l'ex-patron de la DAT et de Delsey Airlines, le sénateur coopté Freddy Van Gaever, qui s'est déclaré partisan d'une limitation des allocations de chômage à quatre mois.En 2005, président de l'Alliance pour la promotion du chant flamand (la très nationaliste ANZ), Bruno Valkeniers s'était illustré par sa diatribe à l'encontre des « immigrés francophones qui ne s'intègrent pas en Flandre ».L'année dernière, après l'agression de trois jeunes militants gauchistes, à Anvers, par des activistes du NSV, le cercle étudiant non officiel du Vlaams Belang et dont il est le fondateur (1976), Bruno Valkeniers avait déclaré au Standaard qu'il ne rougissait pas de la « violence de rue occasionnelle » du NSV.  detergent

11/01/2008

Niouzz du facholand

FN français et belge : la romance continue


Suite au putsch ayant évincé Daniel Féret, le président-fondateur du FN belge, ce dernier se reconstitue autour de la personne du sénateur Michel Delacroix. Et invite Jean-Marie Le Pen, le président du FN français, à tenir un meeting privé à Bruxelles.

Un dîner-rencontre avec Jean-Marie Le Pen, inamovible président du FN français depuis 1972 ? C’est ce que propose le « FN-Delacroix », ou encore le « nouveau » FN né de l’éviction de Daniel Féret – président du Front national belge depuis sa fondation en 1985 - et de ces quelques indécrottables fidèles.

Ce dîner aura lieu, le 30 janvier prochain, dans les locaux bruxellois du Parlement européen, pour les quelque cinquante privilégiés qui auront été les premiers à réserver leur place…


FN belge : résolument à l’extrême droite


L’« événement » est organisé par le bureau politique du Front national belge, le Cercle des Français résidant à l'étranger (CFRE, l'organisation internationale du FN français) et le Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (CBSJMLP), fondé en avril dernier par les dirigeants de l'actuel FN belge.
Alors que certains prétendent que l’éviction de Daniel Féret est l’occasion de voir naître un nouveau parti politique, certes de droite, mais résolument « démocratique » et ayant rompu avec un lourd passé fascisant, le choix de Jean-Marie Le Pen confirme la filiation idéologique du FN-Delacroix : résolument à l’extrême droite.Un parti pour l'Ordre nouveau


Jean-Marie Le Pen avait cofondé en 1972 le FN français avec les diverses organisations néofascistes actives à l'époque, dont le mouvement Ordre nouveau. Depuis, il est devenu le chef charismatique de l'extrême droite d'outre-Quiévrain. Jean-Marie Le Pen a à plusieurs reprises été poursuivi et condamné pour racisme. Il est l'auteur de plusieurs déclarations provocatrices confirmant sa vraie nature idéologique. Son FN est toujours constitué de partisans de l'Ordre nouveau et de nostalgiques d'anciens systèmes dictatoriaux (ceux du portugais Salazar, de l'espagnol Franco et du chilien Pinochet, par exemple).

Depuis 1984, date de l'émergence massive de Jean-Marie Le Pen sur la scène politico-médiatique, il est aussi devenu le modèle de l'ultradroite belge, y compris du Vlaams Blok de l'époque. L'année suivante, Daniel Féret fonda alors un Front national en Belgique.Le « meeting privé » au Parlement européen du 30 janvier prochain confirme le soutien apporté aux putschistes anti-Féret du FN par Jean-Marie Le Pen. Signifiant bel et bien la mort du « féretisme », mais aussi et surtout l'émergeance et la consolidation possible dans le paysage politique francophone d'un véritable parti d'extrême droite.

Voir l’article de Nadia Geerts sur www.resistances.be