20/05/2008

L'humeur du jour

 

Aujourd'hui c'est grève à la SNCB. Je suppose que tout le monde est au courant, étant donné que le débat fait rage depuis lundi et qu'il continue aujourd'hui.

D'une part il y a le droit de grève inaliénable des travailleurs et d'autre part, les usagers qui sont pris en otage et qui réclament à l'instar de certains politiciens, un service minimum, comme c'est déjà le cas dans les pays qui nous entourent.

Il est vrai qu'il y a un problème. La SNCB est une entreprise d'état monopolistique avec une dette énorme prise en charge par l'état belge, ce qui fait que chaque belge est chargé d'une dette à la naissance de 1000 euros rien que pour la SNCB, une question qu'on est en droit de se poser est de savoir si une entreprise bénéficiant d'un monopole a le droit de ne pas assumer un service minimal à la population alors que celle-ci est dépendante de cette entreprise.

Mais là n'est pas le tout le débat, ce qui fait débat à l'heure actuelle, c'est que les syndicats de la SNCB semblent développer une culture de la grève, ce que semblent démontrer les nombreuses actions de grèves limitées à certaine région,  et que les premières victimes de ces actions sont toujours les usagers qui sont dépendants de la SNCB pour se rendre à leur boulot. Ceux qui n'ont pas la possibilité d'y aller en voiture sont obligé de prendre un jour de congé, comme par exemple pour ce mardi où un travailleur sur quatre a été obligé de prendre congé, où qu'on a noté plus de 180 km de files sur nos routes ce matin. A ce sujet il est étonnant de constater qu'à l'heure ou Internet et l'ordinateur sont largement répandus parmi la population, il n'y a pas plus de gens qui puissent effectuer leur travail depuis leur domicile, surtout en cas de force majeur comme c'est le cas aujourd'hui.

En ce qui concerne le service minimum, l'idée serait d'instaurer la garantie de faire circuler les trains le matin et le soir aux heures de pointe, permettant ainsi à l'ensemble des travailleurs de se rendre sur leurs lieux de travail et d'en revenir.

Maintenant il faut bien se dire que si les cheminots font grève ce n'est certainement pas par plaisir et que comme il s'agit d'une grève générale sur toute la Belgique, ce qui est un cas rare, la dernière date de 2004, c'est qu'il y a des problèmes au sein de cette entreprise, et que ceux-ci n'ont pas été résolus, malgré une concertation qui a duré quatre mois.

Il y a tout d'abord, comme pour tout le monde le pouvoir d'achat. Il faut savoir que la SNCB compte un grand nombre d'agents peu qualifiés dont les salaires sont peu élevés (alors que l'administrateur général de cette même SNCB s'était vu accorder une augmentation annuelle de 30.000 euros la semaine dernière) à qui la direction demande de plus en plus de flexibilité, mais dont les salaires ne suffisent plus à faire vivre leurs familles. Il est d'ailleurs étonnant qu'en Belgique il n'y ait pas plus de réactions contre cette baisse de revenus des ménages alors que tout le monde se plaint à ce sujet.

Il y a également les poseurs de voie, l'activité la plus pénible et la plus dure qui soit qui demandent depuis longtemps des aménagements de fin de carrière, aménagements refusés par la direction qui craint de ne pouvoir remplacer ces travailleurs. Ce qui est une aberration dans un pays où le nombre de jeunes sans emploi et peu qualifiés, qui désirent travailler, est en augmentation.

Que fait le gouvernement ? Pas grand-chose, il est en service minimum lui et depuis presque un an d'ailleurs ! Il va  y avoir un conseil des ministres spécial qui discutera du problème, quelques experts ( ?) seront entendus et nos ministres tenteront de mesurer l'ampleur du problème... puis on passera à autre chose à partir de la semaine prochaine, en laissant les problèmes pourrir comme d'habitude en Belgique !

vachesettrain

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