15/05/2008

Mons : les oubliés des Mesanges

Ce billet est plutôt ma mauvaise humeur du jour que l'humeur habituelle...Il semblerait bien qu'une fois de plus les plus démunis au sein de notre société soient laissés à l'abandon, par nos politiciens laxistes, à Mons où on devrait montrer l'exemple, puisqu'il s'agit de la cité d' Elio del Doudou, cela se passe aussi ainsi.... 

Mais le comité des victimes de l'incendie de l'immeuble des Mésanges à Mons ne relâche pas la pression. Il vient de solliciter des entrevues auprès des ministres en charge du Logement, de la Justice et de la Santé. Pour faire part à Mme Onkelinx (PS) ainsi qu'à MM. Vandeurzen (CD&V) et Antoine (CDH) de leur « point de vue » mais aussi leurs « inquiétudes » quant au suivi de ce dossier qui a coûté la vie à sept personnes et irrémédiablement modifié celle de ceux qui en ont réchappé.Les implications du drame sont d'abord d'ordre sanitaires. Le comité sollicite la ministre de la Santé afin qu'elle dégage les moyens pour réaliser une enquête auprès des victimes des Mésanges et qu'elle pose un geste financier par rapport à leur accompagnement.

Depuis cinq ans (l'incendie remonte à février 2003), de nombreux survivants, parmi lesquels des enfants, souffrent d'un traumatisme psychologique qui a été aggravé par des problèmes de dépression et des pertes financières liées à l'incendie. Le Comité désire  faire part à la ministre de son inquiétude sur l'accompagnement médical qui a fait défaut.

Les victimes aimeraient également partager avec le ministre régional du Logement leur triste expérience au niveau de la sécurisation des immeubles de type « tour ». Ils défendent aussi l'idée de créer un syndicat de locataires au sein des conseils d'administration des immobilières sociales.

Enfin, le comité insistera auprès du ministre de la Justice pour que le dossier ne tarde pas à être évoqué devant les tribunaux. Ils attendent du ministre Vandeurzen qu'il veille « à la stricte indépendance de la Justice » dans la mesure où l'enquête doit déterminer si la responsabilité d'élus est engagée. Et que le comité tient à ce que « toutes les responsabilités soient établies. »Cette nuit-là 23 février 2003, 68 familles (quelque 150 personnes) vivent l’enfer sous le regard impuissant de nombreux témoins et pompiers. Sept personnes décèderont. Dont une mère et son fils de treize ans, brûlés vifs dans un des couloirs ou cette jeune femme enceinte de trois mois, tombée du 12e étage.

La responsabilité de la société publique de logement social Sorelobo (rebaptisée Toit et Moi) dont les bourgmestres de Mons, Maurice Lafosse et Elio Di Rupo, ont été administrateurs  est flagrante. L’instruction (toujours en cours) révélera l’absence de serrure d’entrée, la vétusté et l’impraticabilité des escaliers de secours, la condamnation des évacuations de fumée, l’absence de porte coupe-feu et de système d’alarme, l’impossibilité pour les pompiers d’accéder aux étages supérieurs et à l’arrière du bâtiment...

Pour de plus amples informations concernant ce dossier, les manquements et les responsables : http://linsolent.skynetblogs.be/tag/1/incendie%20des%20mesanges

Mais quatre ans plus tard, les victimes attendent toujours l’aide promise. Au point qu’elles viennent de créer une fondation pour tenter de récolter autrement les fonds que les pouvoirs publics rechignent à débloquer.

La ville de Mons avait aussi promis une stèle. Rien n’a été fait.  Pourtant, aujourd’hui, cette stèle commémorative existe bel et bien. Ce sont les victimes elles-mêmes, soutenues par des personnes sensibles à leur cause, qui l’ont érigée. Elles ont coulé le béton et un petit indépendant a gracieusement fourni la plaque.

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