21/02/2008

Ingrid Betancourt : 7ème année

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Ingrid avant....

Ingrid maintenant

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L'otage Franco-colombienne Ingrid Betancourt, à bout de résistance et au bord de l'effondrement physique et moral, entame samedi sa septième année de détention aux mains des guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

"Il y a extrême urgence et il faut vite sortir Ingrid de la jungle", affirme sa mère Yolanda Pulecio très affectée, comme tous les autres membres de la famille, après la diffusion en novembre d'images d'Ingrid Betancourt d'une maigreur extrême, abattue et désespérée, constituant les dernières preuves de vie.

Terreur
Yolanda Pulecio traverse des moments de doutes intenses car elle est convaincue que le président colombien Alvaro Uribe demeure partisan de la manière forte pour libérer les otages. "J'éprouve en permanence la terreur que le gouvernement sache où se trouve Ingrid et ordonne à l'armée de bombarder", dit-elle.

"Je suis sûre que Hugo Chavez continuera à nous aider", ajoute immédiatement pour se rassurer Mme Pulecio selon laquelle le président du Venezuela est "l'unique médiateur" susceptible de convaincre la guérilla de libérer des otages et de gagner cette course contre la montre pour sauver sa fille.

Avancées
Miguel Ceballos, le directeur des études politiques de l'Université privée de Bogota "Sergio Arboleda" estime de son côté qu'il "ne paraît pas exister d'urgence pour le gouvernement colombien de proposer des mesures accélérant la libération d'Ingrid". "Devant le refus des Farc d'accepter la médiation de l'église, proposée par le gouvernement, le seul espoir actuel pour les otages est que la guérilla décide de faire un geste de bonne volonté envers le président Chavez", poursuit-il.

Alors qu'Ingrid est en détention depuis six ans, cette année fut la première aussi riche en avancées et développements, positifs dans l'ensemble. La nomination fin août de Chavez comme médiateur sur ce dossier a permis, contrairement aux multiples tentatives d'intervention infructueuses du passé, l'établissement d'un dialogue avec la guérilla et d'obtenir des résultats concrets.

Libérations
En dépit de son éviction brutale décidée le 22 novembre par son homologue colombien et de la discorde qui suivit, Chavez a obtenu du Secrétariat des Farc (organe dirigeant) que des preuves de vie des otages, notamment d'Ingrid Betancourt et de trois Américains, soient remises aux familles. Puis début janvier 2008, la collaboratrice d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas et l'ex-congressiste Consuelo Gonzalez ont pu également retrouver la liberté, un nouveau cadeau des Farc à Chavez.

Puis, début février, les rebelles ont annoncé les prochaines libérations unilatérales de trois autres parlementaires, otages depuis 6 ans. Enfin, les Farc ont proposé la libération d'un quatrième parlementaire colombien.

Mobilisation
Sur le plan international, le dossier Betancourt n'avait jamais autant mobilisé. L'analyste Leon Valencia, directeur de la Fondation "le nouvel arc-en-ciel" spécialiste des thèmes de paix a estimé que "les Farc ont opté cette fois pour une médiation directe avec un gouvernement étranger comme celui de Chavez".

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"En privilégiant les médiations avec des gouvernements étrangers, conclut-il, et dans cette logique, il est possible que les Farc remettent Ingrid au gouvernement (de Nicolas) Sarkozy moyennant une initiative pour les sortir de la liste européenne des groupes terroristes". Les Farc souhaitent échanger 43 otages dits "politiques", dont trois Américains et Ingrid Betancourt, contre 500 de leurs guérilleros emprisonnés en Colombie.

 

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ingrid

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