12/01/2008

Les musulmans d'Europe

Une charte pour les musulmans d'Europe Quatre cents associations islamiques ont signé à Bruxelles la "Charte des musulmans d'Europe" : pour la première fois, elles parlent d'une seule voix et tracent l'ébauche d'un islam européen, laïc, pragmatique et intégré.
  
  
  
  
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Si s'intégrer pacifiquement dans les sociétés européennes est un devoir, celui de construire des mosquées et de porter les vêtements propres à sa tradition est un droit. Pour la première fois, la société civile musulmane de notre continent essaie de parler d'une seule voix à un vaste auditoire, en rejetant toutes les formes de terrorisme, en essayant de trouver une cohésion entre toutes ses composantes et en s'efforçant de s'expliquer, à elle-même et aux autres.


Mais elle précise aussi les points sur lesquels elle n'est pas disposée à céder car cela conduirait à la désintégration de son identité.
La "Charte des musulmans d'Europe", un document promu par la Fédération des organisations islamiques en Europe (FIOE, proche des Frères musulmans) et soutenu par les principaux organes religieux islamiques, doit être signée cet après-midi à Bruxelles par 400 associations musulmanes provenant de tous les pays de l'Union européenne et de Russie. Ce document, par la volonté de la Fédération des organisations islamiques en Europe, est au centre de cette initiative et pourra, à l'avenir, être signé aussi par les associations chrétiennes.

Les six pages du document s'adressent aux musulmans et au reste du monde, et ont pour objectif d'en finir avec "les préjugés et l'image négative qui s'interposent entre l'Islam et l'Occident ". C'est pourquoi la première partie de la Charte définit une représentation de l'islam à l'usage de ses croyants, mais aussi de tous les citoyens européens, bien loin des dérives extrémistes : non au terrorisme, non à l'interprétation violente du djihad, oui à l'égalité entre hommes et femmes.

Après l'énoncé de ces principes, la Charte demande "la reconnaissance des musulmans en tant que communauté religieuse européenne" et rappelle qu'une acceptation mutuelle fondée sur le dialogue et la connaissance réciproque favorise la paix, le bien-être de nos sociétés et aide à venir à bout de "l'extrémisme et [de] l'exclusion ". Deux concepts accolés volontairement, puisque c'est précisément la ghettoïsation, imposée ou volontaire, des communautés islamiques qui engendre la violence. Un mal qu'il faut combattre, de même qu'il faut combattre la fracture entre les diverses ethnies musulmanes et les différents courants islamiques présents sur le Vieux Continent, lesquels - et c'est un des messages clés de ce texte - doivent s'"unir" pour leur bien et pour celui des autres. En tournant le regard vers l'extérieur de la communauté et fortes de leur union, les associations exhortent au respect des lois et des autorités.

Le message est formulé avec une grande clarté : les musulmans croient en "la neutralité de l'Etat", avec un corollaire non négligeable. "Cela signifie agir de manière impartiale avec toutes les religions et leur permettre d'exprimer leurs valeurs et leur credo : c'est pourquoi les musulmans ont le droit de construire des mosquées et des instituts religieux, de pratiquer leur religion dans le cadre de leurs activités de tous les jours, y compris dans leur alimentation et leur habillement." Un principe inviolable, tempéré par l'exhortation à être des "citoyens actifs et productifs" et à "s'intégrer de manière positive", tout en préservant son "identité musulmane", car toute forme d'intégration qui rejette ce postulat "ne sert ni l'intérêt des musulmans ni celui de la société".

Il a fallu huit ans pour rédiger cette Charte. Après le 11 septembre 2001, tout est devenu plus difficile et les associations se sont trouvées confrontées au terrorisme islamiste de provenance européenne, un phénomène jusqu'alors inconnu.

Commentaires

Bon blog...félicitation !

Écrit par : Alex | 15/01/2008

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