11/01/2008

Niouzz du facholand

FN français et belge : la romance continue


Suite au putsch ayant évincé Daniel Féret, le président-fondateur du FN belge, ce dernier se reconstitue autour de la personne du sénateur Michel Delacroix. Et invite Jean-Marie Le Pen, le président du FN français, à tenir un meeting privé à Bruxelles.

Un dîner-rencontre avec Jean-Marie Le Pen, inamovible président du FN français depuis 1972 ? C’est ce que propose le « FN-Delacroix », ou encore le « nouveau » FN né de l’éviction de Daniel Féret – président du Front national belge depuis sa fondation en 1985 - et de ces quelques indécrottables fidèles.

Ce dîner aura lieu, le 30 janvier prochain, dans les locaux bruxellois du Parlement européen, pour les quelque cinquante privilégiés qui auront été les premiers à réserver leur place…


FN belge : résolument à l’extrême droite


L’« événement » est organisé par le bureau politique du Front national belge, le Cercle des Français résidant à l'étranger (CFRE, l'organisation internationale du FN français) et le Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (CBSJMLP), fondé en avril dernier par les dirigeants de l'actuel FN belge.
Alors que certains prétendent que l’éviction de Daniel Féret est l’occasion de voir naître un nouveau parti politique, certes de droite, mais résolument « démocratique » et ayant rompu avec un lourd passé fascisant, le choix de Jean-Marie Le Pen confirme la filiation idéologique du FN-Delacroix : résolument à l’extrême droite.Un parti pour l'Ordre nouveau


Jean-Marie Le Pen avait cofondé en 1972 le FN français avec les diverses organisations néofascistes actives à l'époque, dont le mouvement Ordre nouveau. Depuis, il est devenu le chef charismatique de l'extrême droite d'outre-Quiévrain. Jean-Marie Le Pen a à plusieurs reprises été poursuivi et condamné pour racisme. Il est l'auteur de plusieurs déclarations provocatrices confirmant sa vraie nature idéologique. Son FN est toujours constitué de partisans de l'Ordre nouveau et de nostalgiques d'anciens systèmes dictatoriaux (ceux du portugais Salazar, de l'espagnol Franco et du chilien Pinochet, par exemple).

Depuis 1984, date de l'émergence massive de Jean-Marie Le Pen sur la scène politico-médiatique, il est aussi devenu le modèle de l'ultradroite belge, y compris du Vlaams Blok de l'époque. L'année suivante, Daniel Féret fonda alors un Front national en Belgique.Le « meeting privé » au Parlement européen du 30 janvier prochain confirme le soutien apporté aux putschistes anti-Féret du FN par Jean-Marie Le Pen. Signifiant bel et bien la mort du « féretisme », mais aussi et surtout l'émergeance et la consolidation possible dans le paysage politique francophone d'un véritable parti d'extrême droite.

Voir l’article de Nadia Geerts sur www.resistances.be

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