03/07/2007

Reynders termine son one man show

"Allô, Didier ? C'est Nicolas. Bravo !"

 

Réconfort présidentiel pour Didier Reynders qui a présente ce lundi son rapport oral.
Yves Leterme devrait lui succéder en tant que formateur. Reste le CDH...

 

Le sacre ! En plein déjeuner, alors qu'il était, dans sa campagne de Hesbaye, occupé à peaufiner son rapport d'informateur, Didier Reynders a reçu un appel du "Centre de crise de l'Elysée". Ciel, la menace terroriste est-elle en train de gagner l'Europe entière ? Non, tout simplement le président français, Nicolas Sarkozy, ne parvenait pas à joindre Didier Reynders sur son portable pour le féliciter. Le Belge a quand même dû expliquer à son interlocuteur que cette mission ne le prédestinait pas automatiquement à être Premier ministre. C'est un peu plus compliqué. Mais ça fait toujours plaisir.

r9

 

Leterme attend

 

Retour sur terre. Après avoir présenté, ce lundi matin, le rapport oral de sa mission au Roi, Didier Reynders aura encore un contact avec Yves Leterme. Après un ultime toilettage, le texte écrit du rapport sera déposé mercredi (demain  fin de matinée).

C'est au Palais - la convalescence du Roi, est dit-on, parfaite - qu'il devrait poursuivre ses consultations et désigner le successeur de Didier Reynders. Ce qui devrait clore la série de représentations du Reynders One Man Show.

an22

 

Quel successeur ? Bonne question. Aux dernières nouvelles - mais cela fluctue de jour en jour - Yves Leterme pourrait reprendre le flambeau en fin de semaine. C'est en fait le Roi, qui, mercredi et jeudi, pourrait entreprendre les consultations avec les présidents de parti non pas pour déminer le dossier institutionnel, mais pour voir si un formateur peut, sans tarder, se mettre à l'ouvrage. Car le recours à un Jean-Luc Dehaene "médiateur" ne fait plus l'unanimité, tant à l'intérieur de son propre parti que chez les francophones.

 

Pour éviter d'apparaître comme le simple notaire d'un gouvernement qu'il n'aurait pas négocié, Yves Leterme, pourrait donc entrer en piste et entamer la phase concrète de négociation du gouvernement fédéral. Pour le CD & V, il est symboliquement important d'être "aux commandes" à l'occasion de la fête flamande, le 11 juillet prochain.

 

Le CDH toujours réticent

 

Négocier avec quoi et avec qui ? Quoi, un gouvernement orange bleu. Avec qui ? Curieusement, il y a pour l'instant "trois partis et demi" qui sont prêts à entrer d'emblée dans la négociation d'un gouvernement. La présidente du CDH, Joëlle Milquet, qui subit pourtant d'importantes pressions internes, semble aller à cette négociation avec des pieds de plomb. Elle a posé trois préalables (un audit budgétaire, la garantie de bonne gouvernance et une concertation intrafrancophone préalable) qui ne semblent pas poser de problème à ses partenaires. Elle a aussi proposé d'inviter les Ecolos. Là, il y a des réticences, tant chez les partenaires que... chez les verts.

 

Or, l'absence éventuelle du CDH dans la prochaine majorité (à supposer qu'il soit remplacé par Ecolo) poserait un gros problème au CD & V qui ne serait peut-être plus en mesure de réclamer le poste de Premier ministre. La famille libérale serait, en effet, la seule complète. Mais bon, on n'en est pas encore là. L'hypothèse la plus probable demeure un gouvernement orange bleu. Quand ? Une chose à la fois.

Les commentaires sont fermés.