24/03/2007

Grande enquête belge

Lancement, dès ce samedi, dans Le Soir, d’une grande enquête "Face-à-face Nord-Sud" menée conjointement avec le Standaard. Première étape: un sondage surprenant qui révèle que les francophones, eux aussi, souhaitent davantage d'autonomie.

Les Belges restent très attachés à leur pays. Les Flamands veulent plus d'autonomie. Mais les francophones aussi. La mort de la Belgique n'est pas pour demain.

1. Les citoyens de notre pays ont de multiples facettes. C'est connu. Des identités croisées, complexes. L'étiquette Belge reste dominante, à géométrie variable : 58 % en Wallonie, 44 % en Flandre et 41 % seulement à Bruxelles. La capitale est la charnière du pays, craquelée, diversifiée. Avec, toutefois, 24 % des sondés affirmant qu'ils se sentent Bruxellois. C'est moins que les Flamands, fiers de l'être, à raison de 35 %. La Wallonie est moins « nationaliste » : seuls 10 % mettent prioritairement en avant leur identité nationale. La forte proportion du sentiment européen est à épingler, entre 21 et 31 %.

2.Oui à la Belgique, non au séparatisme. La cérémonie funéraire n'est pas avancée. Question générique : la Belgique doit-elle continuer à exister ou souhaitez-vous qu'elle disparaisse ? Le résultat est tranché : près de 98 % des Bruxellois et des Wallons veulent que notre Etat perdure, idem pour 92,5 % des Flamands. Où sont les séparatistes ? Enfoncés. Seuls 6,2 % des Flamands réclament la fin de l'aventure commune, pour 2 % des francophones. Et dans ce cas de figure, le rattachement à nos voisins ne fait guère recette.

3.La Belgique de papa ? Oui au Sud, non au Nord. Rétablir l'Etat belge unitaire, avec un parlement national et un gouvernement national, autrement dit sans décentralisation ? La nostalgie n'est pas morte, sans être majoritaire. Le souhait de revivre dans la Belgique de papa reste ainsi en tête des intentions affichées en Wallonie et à Bruxelles : 37,8 % et 35,8 %. Bien plus qu'en Flandre où cette proportion n'est que de 15,5 %. Le statu quo obtient une vingtaine de points au Sud du pays. Et ils sont encore 23 % de Bruxelles et 16 % de Wallons à souhaiter un Etat fédéral renforcé. Une majorité de francophones ne souhaite donc pas que l'on touche à la structure de l'Etat. Sauf, le cas échéant, pour revenir en arrière. Les habitants du Nord privilégient, eux, un Etat fédéral avec davantage de compétences pour les Régions et Communautés, à raison de 42,7 % contre 25,2 % de Wallons et 15,9 % de Bruxellois exprimant le même vœu.

4.Un désir partagé d'autonomie. Lorsque l'on pose la question autrement, de façon positive, les résultats deviennent plus surprenants. Texto : « La Flandre, la Wallonie et Bruxelles doivent-elles pouvoir décider de façon autonome au sujet de » Suivent sept compétences, qui sont autant d'enjeux communautaires potentiellement explosifs. Et là, curieusement, les francophones sont autant, voire parfois davantage, demandeurs. Prenons l'emploi, un domaine pour lequel les partis flamands réclament à l'unanimité une autonomie plus grande. Il y a une majorité en Flandre, 50,5 %. Mais les Wallons et les Bruxellois ne sont pas en reste : respectivement 48,6 % et 46,7 %.

 

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